๐๐ฆ๐ฏ๐ถ๐ฆ ๐ญ๐ฆ ๐ท๐ฆ๐ฏ๐ฅ๐ณ๐ฆ๐ฅ๐ช 13 ๐ฎ๐ข๐ณ๐ด 2026 ๐ขฬ 13 ๐ฉ๐ฆ๐ถ๐ณ๐ฆ๐ด ๐ขฬ ๐ญ’๐ข๐ถ๐ฅ๐ช๐ต๐ฐ๐ณ๐ช๐ถ๐ฎ ๐ฅ๐ฆ ๐ญ’๐๐ฏ๐ช๐ต๐ฆฬ ๐ฅ๐ฆ ๐๐ฆ๐ค๐ฉ๐ฆ๐ณ๐ค๐ฉ๐ฆ ๐ด๐ถ๐ณ ๐ญ๐ฆ๐ด ๐๐ข๐ญ๐ข๐ฅ๐ช๐ฆ๐ด ๐๐ณ๐ข๐ฏ๐ด๐ฎ๐ช๐ด๐ด๐ช๐ฃ๐ญ๐ฆ๐ด (๐๐๐๐๐) ๐ฅ๐ฆ ๐ญ’๐ฬ๐ค๐ฐ๐ญ๐ฆ ๐๐ฐ๐ญ๐บ๐ต๐ฆ๐ค๐ฉ๐ฏ๐ช๐ฒ๐ถ๐ฆ ๐ฅ’๐๐ฃ๐ฐ๐ฎ๐ฆ๐บ-๐๐ข๐ญ๐ข๐ท๐ช, ๐ญ๐ข ๐ค๐ฐ๐ฏ๐ง๐ฆฬ๐ณ๐ฆ๐ฏ๐ค๐ฆ ๐ข ๐ฆ๐ฏ๐ณ๐ฆ๐จ๐ช๐ด๐ต๐ณ๐ฆฬ ๐ญ๐ข ๐ฑ๐ข๐ณ๐ต๐ช๐ค๐ช๐ฑ๐ข๐ต๐ช๐ฐ๐ฏ ๐ฅ’๐ฆ๐ฏ๐ท๐ช๐ณ๐ฐ๐ฏ ๐ด๐ฐ๐ช๐น๐ข๐ฏ๐ต๐ฆ ๐ฑ๐ฆ๐ณ๐ด๐ฐ๐ฏ๐ฏ๐ฆ๐ด, ๐ฑ๐ข๐ณ๐ฎ๐ช ๐ญ๐ฆ๐ด๐ฒ๐ถ๐ฆ๐ญ๐ญ๐ฆ๐ด ๐ง๐ช๐จ๐ถ๐ณ๐ข๐ช๐ฆ๐ฏ๐ต ๐ฅ๐ฆ๐ด ๐ฆ๐ฏ๐ด๐ฆ๐ช๐จ๐ฏ๐ข๐ฏ๐ต๐ด ๐ฆ๐ต ๐ฅ๐ฆ๐ด ๐ค๐ฉ๐ฆ๐ณ๐ค๐ฉ๐ฆ๐ถ๐ณ๐ด ; ๐ถ๐ฏ๐ฆ ๐ฅ๐ช๐ป๐ข๐ช๐ฏ๐ฆ ๐ฅ’๐ฆ๐ฏ๐ต๐ณ๐ฆ ๐ฆ๐ถ๐น ๐บ ๐ฐ๐ฏ๐ต ๐ฑ๐ณ๐ช๐ด ๐ฑ๐ข๐ณ๐ต ๐ฆ๐ฏ ๐ญ๐ช๐จ๐ฏ๐ฆ. ๐๐ฏ ๐ท๐ฐ๐ช๐ค๐ช ๐ญ๐ฆ๐ด ๐จ๐ณ๐ข๐ฏ๐ฅ๐ฆ๐ด ๐ญ๐ช๐จ๐ฏ๐ฆ๐ด :
La conférence du Professeur Brice SINSIN, intitulée « ๐๐ผ๐ป๐๐ฒ๐ฟ๐๐ฒ๐ฟ ๐น๐ฒ๐ ๐ฒฬ๐ฐ๐ผ๐๐๐๐๐ฒฬ๐บ๐ฒ๐ ๐ฒ๐ ๐ฏ๐ฒฬ๐ป๐ฒฬ๐ณ๐ถ๐ฐ๐ถ๐ฒ๐ฟ ๐ฑ๐ฒ ๐น๐ฒ๐๐ฟ๐ ๐๐ฒ๐ฟ๐๐ถ๐ฐ๐ฒ๐ ๐ฑ๐ฒ ๐ฟ๐ฒฬ๐ด๐๐น๐ฎ๐๐ถ๐ผ๐ป ๐ฝ๐ผ๐๐ฟ ๐น๐ฒ ๐ฏ๐ถ๐ฒ๐ป-๐ฒฬ๐๐ฟ๐ฒ ๐ฒ๐ ๐น๐ฎ ๐๐ฎ๐ป๐๐ฒฬ ๐ต๐๐บ๐ฎ๐ถ๐ป๐ฒ », met en évidence le lien structurel entre l’intégrité écologique des écosystèmes, le maintien de la biodiversité et la santé humaine. L’exposé s’organise autour de quatre axes majeurs : (i) le concept d’écosystème fonctionnel, (ii) les attributs de l’intégrité écologique, (iii) la dégradation des écosystèmes et la vulnérabilité humaine, ainsi que (iv) le rôle de la science dans la compréhension et la préservation du vivant. Dès l’entrée en matière, l’auteur rappelle qu’un écosystème stable constitue une condition essentielle du bien-être humain, au même titre que la sécurité, l’alimentation, l’éducation ou l’équité sociale. Il insiste également sur l’interdépendance entre la santé de l’homme, celle des animaux et celle des écosystèmes, soulignant ainsi que la dégradation des milieux naturels compromet directement les bases du développement durable.
L’un des apports majeurs de la conférence réside dans la démonstration du rôle sanitaire de la biodiversité. En s’appuyant sur plusieurs résultats scientifiques, le conférencier montre que la simplification des écosystèmes, la destruction des habitats et l’intensification des interfaces entre l’homme et la faune favorisent l’émergence et la transmission des maladies infectieuses, notamment les zoonoses. À l’inverse, les écosystèmes riches en biodiversité assurent un effet de régulation, parfois qualifié d’« effet de dilution », en réduisant les risques de circulation de certains agents pathogènes. Les exemples choisis (virus du Nil, schistosomose, Ebola, COVID-19, paludisme, dengue ou encore Zika) illustrent clairement que les perturbations anthropiques des milieux naturels détruisent des barrières écologiques essentielles et accroissent, par conséquent, la vulnérabilité sanitaire des populations humaines.
La conférence précise ensuite que l’écosystème doit être compris moins comme une simple unité spatiale que comme un système vivant défini par son fonctionnement. Ce fonctionnement repose sur l’équilibre entre les composantes biotiques et abiotiques, sur la stabilité des chaînes trophiques, sur les flux d’énergie et de matière, ainsi que sur l’ensemble des interactions écologiques entre espèces. Dans cette perspective, l’intégrité écologique désigne l’état d’un écosystème dont les composantes demeurent en équilibre dynamique. La conservation ne peut donc se limiter à une logique de protection ponctuelle d’espèces isolées ; elle doit viser le maintien des processus écologiques, des relations trophiques, de la diversité fonctionnelle et des capacités de régulation naturelles. Cette approche justifie, selon l’auteur, la mise en place de réseaux d’aires protégées capables de préserver des échantillons représentatifs d’écosystèmes fonctionnels.
Un autre enseignement important de l’exposé concerne les services écosystémiques rendus par la biodiversité. Le Professeur SINSIN rappelle que les écosystèmes fournissent des services de soutien, d’approvisionnement, de régulation et des services culturels. Ils contribuent ainsi à la formation des sols, au recyclage des nutriments, à la production primaire, à l’alimentation humaine et animale, à l’approvisionnement en eau douce, à la fourniture de bois, de fibres et de plantes médicinales, mais aussi à la régulation du climat, de l’eau, des inondations et des maladies. À cela s’ajoutent des dimensions esthétiques, éducatives, spirituelles et récréatives qui participent également à la qualité de vie. L’idée fondamentale défendue ici est que le bien-être humain ne repose pas uniquement sur l’exploitation des ressources naturelles, mais sur le maintien durable des fonctions écologiques qui rendent ces services possibles.
La conférence met par ailleurs en garde contre les multiples formes de dégradation des écosystèmes, notamment la déforestation, la fragmentation des habitats, la surexploitation des ressources biologiques, le braconnage, les invasions biologiques, le commerce international d’espèces, la pollution des eaux et certaines pratiques agricoles destructrices. Ces dynamiques, renforcées par la croissance démographique et l’intensification des pressions humaines sur les ressources naturelles, provoquent des déséquilibres écologiques profonds. Le cas de la pollution chimique des eaux montre par exemple comment les contaminants peuvent se concentrer tout au long de la chaîne alimentaire, avec des effets graves sur la faune et, par extension, sur les écosystèmes et la santé humaine. L’exposé insiste ainsi sur le fait que la vulnérabilité humaine n’est pas seulement sociale ou économique ; elle est aussi écologique, car elle résulte de l’altération progressive des mécanismes naturels de régulation.
Enfin, le conférencier souligne que la science constitue un levier indispensable pour « bannir l’ignorance » et orienter efficacement les actions de conservation. Les deux études de cas présentées à savoir celle de la chenille de Cirina au Burkina Faso et celle de l’échec des projets de reboisement dans les brousses tigrées du Niger montrent que l’absence de compréhension du fonctionnement des systèmes écologiques peut conduire à des pratiques contre-productives, voire destructrices.
En conclusion, la conférence affirme avec force que la santé humaine repose fondamentalement sur celle de la biodiversité et sur l’intégrité écologique des écosystèmes. Dès lors, protéger les écosystèmes ne relève pas uniquement d’un impératif environnemental, mais d’une exigence scientifique, sanitaire, économique et sociale.
A la fin de la conférence, le Professeur SINSIN et d'autres invités ont visité les laboratoires de l'Unité de Recherche sur les Maladies Transmissibles - URMAT.
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